Un héritage bicentenaire

Quai Suffren, au numéro 23, l’Hôtel Sube se dresse pour surplomber le Port de Saint-Tropez. Sous la forme d’un insubmersible, il est – depuis près de deux siècles – le garant de la tradition et de l’authenticité provençales.

L’histoire de l’Hôtel Sube remonte au XIXe siècle. Baptisé alors le Bailli de Suffren, il rendait hommage au glorieux vice-amiral Pierre André de Suffren (dit Suffren de Saint-Tropez), reconnu pour être l’un des plus grands amiraux de l’histoire avec le Néerlandais Le Grand Ruyter et le Britannique Lord Nelson.

La protection du Bailli de Suffren

Aux premières loges lors de l’inauguration de la statue de l’Amiral qui trône encore devant l’entrée, l’hôtel a pu contempler la visite d’Alexandre Dumas, père d’œuvres magistrales telles que Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo ou La Reine Margot.

Alexandre Dumas et Guy de Maupassant à Saint-Tropez

Parmi les plus grands écrivains français, Guy de Maupassant fut une autre conquête de la beauté de l’établissement. Dans son roman Sur l’eau, inspiré par une croisière qui le fit passer par Saint-Tropez, il couche ces quelques lignes :

« Il descend à l’hôtel, qui s’appelait encore le Bailli de Suffren où l’attend son rond de serviette. Il décrit quelque chose d’extraordinaire ; il n’y avait pas beaucoup de lieu comme celui-ci où l’on arrivait le dimanche soir avec femmes en robes de crinoline et enfants… »

Des propriétaires respectueux de l’héritage de l’Hôtel Sube

Au début du XXe siècle, monsieur Sube fait l’acquisition de l’hôtel et lui donne son nom. Plus tard, la famille Beauleret, puis Jean-Louis Carret, ont barré les lieux avec la transformation du restaurant en bar pour offrir un nouveau repaire aux skippers et aux plaisanciers.

Les Gendarmes de Saint-Tropez à l’Hôtel Sube

Quelques têtes couronnées, de nombreuses stars dont Louis de Funès, durant les tournages des Gendarmes de Saint-Tropez, et des capitaines d’industrie ont eu leurs habitudes dans l’hôtel aux 22 clés

Des racines tropéziennes

Depuis la fin de l’année 2012, l’Hôtel Sube accueille de nouveaux propriétaires. Geneviève et Bruno Walther, Tropéziens depuis une vingtaine d’années, ont retrouvé les racines de leurs ancêtres, la famille Grammont, qui œuvraient sur la presqu’île dès le début du XIXe siècle… Quand le Sube s’appelait encore Bailli de Suffren.